Portrait of Lynn Shepherd

Lynn Shepherd

The opening to A Treacherous Likeness – in French

Sometimes a writer’s life throws up some delightful surprises. That happened to me recently when one of my readers contacted me by email to say he had really enjoyed A Treacherous Likeness and was it available in French? He was interested to see a French version, being a professional translator. I replied that sadly it isn’t – at least not yet – and he later very kindly sent me his own translation of the opening page. I really loved it, and I thought that other people might too, so here it is. Thank you, Jean-Paul Deshayes, for this beautiful translation:

LE VENT D’OUEST

Nous avions commencé en plein brouillard d’automne; notre récit s’ouvre à présent dans le déchaînement hivernal d’un vent d’ouest. Là-haut, au-dessus de nos têtes, des nuages se défont dans le gris d’un ciel vertical. Sous nos pieds, telles des fantômes chassés par un enchanteur, les feuilles mortes s’envolent dans l’air invisible. Jaunes, noires, pâles, d’un rouge fébrile, elles tourbillonnent en bourrasques sèches, pénétrant dans les coins étroits et s’élevant en brusques rafales du fond des caniveaux boueux. Ce n’est pas un temps à mettre le nez dehors et, pour l’instant, seul le vendeur de muffins brave les rafales. Courbé en deux contre le vent glacial, il peine à garder son chapeau en place et son panier couvert. Voilà qui n’incite guère à la marche ou à une flânerie oisive ! Aussi nous abriterons-nous un moment dans l’embrasure d’une belle porte de style géorgien pour contempler cette élégante rue de la même époque. Au sud, le fleuve s’étale, morne et pesant ; au nord, à cette heure matinale, la circulation s’enfle le long du Strand. Ici, cependant, tout est calme et le seul autre passant est un gros chat noir qui traverse résolument la rue pavée pour descendre les marches de la maison d’en face. Le rat qui se balance au bout de sa gueule lui fait une moustache plutôt friponne. Alors que les domestiques s’affairent dans les caves depuis deux heures ou plus, rares sont les lumières qui brûlent déjà aux étages. Il semble cependant qu’il y ait une exception. Dans cette même maison d’en face, il y a une fenêtre à battants, en hauteur et sans rideaux;  pour peu que l’on s’approche, on distingue une silhouette qui se tient là, debout.